Accès universel à l’électricité:la Côte d’Ivoire va identifier les chantiers restants d'ici fin mars
Date de création: 07 janvier 2026 15:22
(Agence Ecofin) - Après près de 15 ans d’investissements dans les infrastructures électriques en Côte d’Ivoire, les autorités veulent désormais identifier précisément les dernières zones restant à couvrir et les progrès possibles. Une étape utile pour atteindre l’objectif d’accès universel à l’électricité.
Le gouvernement ivoirien va lancer avant fin mars un recensement des localités non encore couvertes par l’électricité et des besoins d’extension du réseau électrique national, a annoncé le président Alassane Ouattara dans son message à la Nation du jeudi 31 décembre 2025. L’objectif est d'optimiser les efforts pour atteindre la couverture totale du pays en électricité, mais également en eau.
Cette démarche est annoncée après plus d’une décennie d’investissements continus et d’amélioration du secteur électrique. Selon le bilan gouvernemental 2011-2025, 95,67 % des localités étaient électrifiées en juin 2025, contre 33,1 % en 2011. La capacité de production installée est passée de 1391 à 3019 MW, soit une hausse de 117 %, dominée par le thermique et l’hydroélectricité. Le réseau s’est également étendu, avec 7700 km de lignes de transport et 67 089 km de réseau de distribution.
Malgré ces progrès, l’accès effectif à l’électricité pour la population reste en deçà de l’électrification des localités. Selon les données de la Banque mondiale, le taux d’accès à l’électricité en Côte d’Ivoire s’élevait à 72 % en 2023, illustrant un écart persistant entre extension des infrastructures et raccordement réel des ménages, sans compter les zones non raccordées.
Le recensement annoncé s’inscrit aussi dans la continuité des engagements pris récemment par le pays dans le cadre du National Energy Compact. Le gouvernement s’y engage notamment à fournir l’accès à l’électricité à environ 17 millions de personnes supplémentaires d’ici 2030 afin d’atteindre 100 % de taux d’accès national, à porter la part des énergies renouvelables à 45 % du mix électrique, et à mobiliser 2 milliards USD d’investissements privés pour soutenir cette trajectoire.
Dans cette perspective, le solaire est appelé à jouer un rôle croissant. Les projets en cours de développement, comme celui de Kong Solaire, devraient contribuer à soutenir et à diversifier le mix électrique, ainsi qu'à accélérer l’accès universel à l’électricité et à renforcer le rôle d’exportateur du pays dans la sous-région ouest-africaine.
Abdoullah Diop
Source: agenceecofin