Essence : les prix à la pompe dans l'UEMOA depuis le début de la guerre en Iran
Date de création: 04 mai 2026 09:28
(Agence Ecofin) - Avec la flambée des prix du pétrole depuis le début de la guerre en Iran, la facture d’importation de produits pétroliers de plusieurs pays africains est en hausse . Dans l'UEMOA, la fracture s'élargit entre les États qui ont revu les prix à la pompe et ceux qui absorbent encore le choc.
Dans deux arrêtés distincts publiés le jeudi 30 avril, la Côte d'Ivoire et le Bénin ont annoncé de nouveaux tarifs pour les produits pétroliers, appliqués à la pompe à compter du 1er mai 2026. Ces deux pays rejoignent le Mali et la Guinée-Bissau parmi les membres de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) qui ont relevé leurs prix des hydrocarbures depuis le début de la guerre en Iran et son impact sur les prix pétroliers sur le marché international.
Depuis le déclenchement du conflit par les Etats-Unis fin février, les prix du Brent et du pétrole américain de référence (WTI) ont progressé d'environ 60 % par rapport à leur niveau d'avant-guerre, s’échangeant régulièrement au-dessus de 100 $ le baril. La perturbation du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, par lequel transitait environ 20 % de la consommation mondiale de pétrole, contribue à cette hausse des prix qui alourdit mécaniquement les coûts d'importation pour les pays tributaires des approvisionnements extérieurs.
Prix en hausse dans quatre pays
Comme ailleurs dans le monde, plusieurs gouvernements de l’UEMOA se retrouvent contraints d'arbitrer entre équilibre budgétaire et maintien du pouvoir d'achat des populations. Après avoir maintenu les prix d’avant-guerre en avril, les autorités ivoiriennes ont fixé le prix du super sans-plomb à 875 FCFA (1,56 $) le litre pour le mois de mai, contre 820 FCFA auparavant. Le pétrole lampant suit le mouvement, passant de 705 à 745 FCFA le litre.
Au Bénin, l'ajustement est plus contrasté. L'essence et le gasoil n'ont progressé que de 30 FCFA chacun, portant leurs prix respectifs à 725 et 750 FCFA le litre. Le pétrole lampant a en revanche bondi de 639 à 1040 FCFA, soit une hausse de plus de 60 %.
Bien avant ces changements au Bénin et en Côte d’Ivoire, le Mali avait décidé dès le mois de mars d’une augmentation des prix des carburants, en réaction au conflit en cours au Moyen-Orient.
L'essence y est passée de 775 à 875 FCFA le litre (en hausse de 12 %) et le gasoil de 725 à 940 FCFA (en hausse de 29 %). Ces révisions s'inscrivent par ailleurs dans un contexte particulièrement tendu pour Bamako, où un embargo imposé par des groupes armés sur les importations d'hydrocarbures complique l'approvisionnement depuis plusieurs mois.
(...)
Source: agenceecofin