Côte d’Ivoire : la centrale solaire Ferké de 52 MWc entre en service
Posted By: Moussa Kéita 5 juillet 2026
La centrale solaire de Ferké Solar, d’une puissance installée de 52 mégawatts-crête (MWc), a été mise en service dans la région de Ferkessédougou, au nord de la Côte d’Ivoire. L’infrastructure vient renforcer un mix électrique encore largement dominé par le gaz naturel et l’hydroélectricité, et s’inscrit dans la trajectoire de décarbonation portée par les autorités ivoiriennes. Elle constitue l’un des premiers grands projets photovoltaïques opérationnels du pays, aux côtés de Boundiali, dont la première tranche avait été inaugurée précédemment.
Un projet solaire structurant pour le nord ivoirien
Le choix de Ferkessédougou n’est pas anodin. La zone septentrionale bénéficie d’un ensoleillement supérieur à la moyenne nationale, avec des irradiations propices au rendement photovoltaïque. Elle souffre aussi d’un déficit historique d’infrastructures électriques par rapport au sud du pays, où se concentrent Abidjan, les capacités thermiques et les grands barrages. En injectant 52 MWc dans le réseau interconnecté, la nouvelle centrale contribue à rééquilibrer la carte énergétique nationale et à sécuriser l’alimentation des zones agricoles et industrielles du Nord.
Le projet s’ajoute à un pipeline solaire en accélération. Le gouvernement ivoirien a fait de la diversification du mix un axe stratégique, avec un objectif affiché de porter la part des renouvelables à 45 % de la production à l’horizon 2030. Cette ambition suppose la mise en service progressive de plusieurs centrales photovoltaïques réparties sur le territoire, ainsi que le développement de la biomasse à partir des résidus agricoles.
Montage financier et partenaires industriels
Ferké Solar repose sur un montage associant capitaux privés et financements concessionnels, un schéma désormais courant pour les projets renouvelables en Afrique de l’Ouest. Ce type d’architecture financière permet de sécuriser la rentabilité de l’investissement sur des durées longues, généralement calées sur les contrats d’achat d’électricité conclus avec la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE) ou l’État. Les rendements attendus dépendent à la fois de la performance des modules installés et de la stabilité du cadre tarifaire.
Pour les développeurs, la Côte d’Ivoire présente un profil de risque relativement favorable à l’échelle sous-régionale. La signature souveraine, la qualité du réseau interconnecté et la lisibilité de la politique énergétique constituent autant d’arguments pour attirer des financements internationaux. Reste que l’équation tarifaire demeure sensible, les autorités cherchant à contenir le coût de l’électricité pour les ménages et les industriels tout en rémunérant convenablement les producteurs indépendants.
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Source: africtelegraph